ÉDITO PTPR
Le grand retour du géant bleu
À 30 ans, je suis sans aucun doute la benjamine de cette association. J'y ai mis les pieds il y a trois ans, fraîchement titulaire de mon permis bateau, sans
vraiment savoir où j'allais. C'est Pascal, notre président, qui m'a mis une canne à pêche entre les mains. Depuis, j’ai été littéralement « hameçonnée ». Alors, quand il conclut désabusé son
éditorial de décembre en nous invitant à offrir des consoles "Virtual Fishing" à nos petits-enfants, permettez-moi, du haut de mes 30 ans, de vouloir y croire encore un peu.
Car depuis le 10 juillet, six de nos bateaux sont autorisés à partir à la rencontre du thon rouge en baie de Douarnenez et au-delà. Quarante kilogrammes, c'est le quota collectif qui nous est
alloué pour cette campagne 2026. Une poignée de kilos pour six équipages, des mois d'attente, des heures de préparation et une excitation qui n'a rien à envier à celle d'un gamin devant son sapin
de Noël.
Le thon rouge (Thunnus thynnus) n'est pas un poisson comme les autres. Prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, il peut dépasser les trois mètres et les cinq cents kilos, nager à plus de
soixante kilomètres à l'heure et traverser l'Atlantique en quelques semaines. Le croiser au bout de sa ligne, c'est une de ces expériences qui vous rappelle pourquoi vous avez acheté un bateau.
Surpêché jusqu'à l'effondrement des stocks dans les années 2000, il fait l'objet depuis d'un plan de reconstitution européen et international qui porte aujourd'hui ses fruits : les populations se
rétablissent lentement mais réellement. Preuve que la réglementation, quand elle est fondée sur la science et respectée, n'est pas qu'une tracasserie administrative. Elle peut aussi sauver une
espèce.
Ce n'est pas la moindre des leçons que nous pouvons tirer de cette campagne. Nous qui avons souvent, et légitimement, critiqué les nouvelles obligations pesant sur les pêcheurs de loisir, nous
devons aussi savoir reconnaître les succès de la gestion concertée des ressources. Le thon rouge en est un exemple éloquent. Cela ne signifie pas que toutes les mesures sont bonnes, ni que le
dialogue avec les autorités est satisfaisant. Mais cela prouve qu'une pêche durable n'est pas une utopie et c'est sur une mer vivante que je voudrais encore naviguer dans trente ans.
Au-delà de la pêche, l'été bat son plein à Tréboul : les balades pique-nique en baie, la sortie bénévole au profit du Téléthon le 9 août et de l'Union des Blessés de la Face et de la Tête le 22
août. Notre programme témoigne de ce qui fait la force d'une association comme la nôtre, des passionnés qui partagent bien plus que des pontons.
Alors, bonne(s) prise(s) à nos équipages thoniers. Et aux autres, bonne navigation, bonne pêche, et prenez soin de cette mer qui nous fait tant de bien.
Margaux Didelin - juillet 2026
Nous vous accueillons tous les
samedis matin de 10h30 à 12h00
Port de Tréboul
Maison du Nautisme
59 Quai de l'Yser - Douarnenez
Association Plaisance Tréboul - Port Rhu Douarnenez
