ÉDITO PTPR

 

Rien à déclarer ?

 

Ça y est ! L’arrêté du 7 novembre 2025 précisant les conditions d’exercice de la pêche de loisir dans le domaine public maritime est paru au Journal Officiel du 3 décembre. Il instaure trois nouvelles obligations en plus de celles déjà existantes, à savoir :
- une obligation d’enregistrement préalable à compter du 10 janvier 2026 ;
- une obligation de déclaration des captures ;
- une obligation de marquage des engins.


La décision du ministère concerné s’appuie notamment sur les règlements européens et les recommandations et avis formulés par des groupes de travail. L’autorité administrative n’omet pas de mentionner les observations formulées lors de la consultation du public en septembre 2025. Mais en a-t-elle tenu compte ? Rien n’est moins sûr.
Ainsi, après l’instauration de quotas, de périodes d’interdiction, de tailles minimales de capture et de marquages de poissons, nous voici soumis à de nouvelles règles administratives qui, certes, n’entravent pas directement notre liberté de pêcher mais constituent une contrainte supplémentaire dans la pratique de notre loisir. Et n’en déplaise à ce qu’affirme notre fédération, j’ai la conviction qu’elles constituent une première étape vers le permis de pêche, d’abord gratuit puis payant.


Si j’en juge par les réactions d’incompréhension et de colère manifestées par les uns et les autres lors de nos échanges entre adhérents pêcheurs, il y a fort à parier que la mise en œuvre de la mesure ne se fera pas sans difficultés.
Toujours est-il que la loi s’impose désormais à nous, quelque soit notre opinion sur la question. J’entends que certains préconisent la désobéissance comme forme de résistance à l’oppression et au "flicage". En tant que responsable d’une association de plaisanciers et quelque soit mon intime conviction, il ne saurait être question pour moi d’appeler à l’irrespect de la loi. Il appartient à chacun de se déterminer en son âme et conscience et d’en assumer personnellement les conséquences éventuelles.


Au-delà de la seule question de la déclaration de pêche, les propos de la ministre ne me rendent pas très optimiste sur l’avenir de la pêche de loisir, activité qu’elle estime totalement accessoire et pouvant être sacrifiée sur l’autel de la paix sociale avec les pêcheurs professionnels.
Pourtant, Mme Chabaud s’est-elle posé la question de savoir pourquoi on en est arrivé là ? Pourquoi toutes ces mesures restrictives au fil des ans ? Est-ce pour elle la conséquence d’une pression insupportable des pêcheurs de loisir sur la ressource halieutique ?


Finalement, au rythme où vont les choses dans ce monde déboussolé, la question se réglera d’elle-même lorsque les océans auront été totalement vidés de leur substance nourricière. Et nous n’aurons plus à déclarer, mesurer et marquer nos prises puisqu’il n’y aura plus rien à pêcher. Fort heureusement pour elles, nos chères têtes blondes pourront "vivre" les mêmes sensations que leurs parents et grands-parents en jouant à "Virtual Fishing", à l'abri des embruns sur leurs consoles numériques.

Une bonne idée de cadeau à déposer au pied du sapin ?

Pascal Morvan (décembre 2025)

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