Coups de chalut en fond de baie… pour la bonne cause !
Pour les pêcheurs amateurs que nous sommes, apprendre que des coups de chalut sont régulièrement donnés en baie de Douarnenez pourrait susciter incompréhension et
colère.
Mais rassurons-nous, ceux dont il est question ici sont réalisés dans un but parfaitement avouable : étudier et mesurer l’évolution des populations de poissons qui peuplent nos rivages, en particulier les juvéniles de poissons plats pour qui les plages de la baie de Douarnenez sont des nourriceries précieuses. Ce suivi est mené mensuellement d’avril à octobre sur la plage de Kervel depuis une dizaine d'année, en partie en parallèle du projet NOURDEM (Ifremer) et devrait accoucher prochainement des premiers résultats.
C’est dans ce cadre qu’une équipe du Parc Marin d’Iroise encadrée par Livier Schweyer s’est rendue le 16 avril dernier sur la plage de Kervel accompagnée de bénévoles d’Ystopia. Leur mission du jour : procéder à une opération de comptage à caractère scientifique.

Armés d’un petit chalut de plage et de matériel technique, l’équipe a procédé à trois traits de chalut d’une durée chacun de 10 minutes (pas une de plus, pas une de moins). Les points GPS ont été notés au départ et à l’arrivé afin de mesurer au plus juste l'effort de pêche. On ne rigole pas avec le protocole !
L’engin est équipé d’une ralingue relativement légère et d’une large ouverture afin d’éviter autant que faire se peut d’abîmer le poisson capturé. De même la durée des traits de chalut est volontairement courte pour éviter l’étouffement des prises au fond du filet.

Le chalut est tiré parallèlement à la plage par deux personnes qui en profitent pour goûter à la fraîcheur de l’eau et se muscler les abdo-fessiers.

Une fois le chalut ramené au rivage, les poissons sont immédiatement transvasés dans des seaux. Munis d’une épuisette, d’une règle et d’une feuille de comptage, les opérateurs procèdent avec délicatesse et précision au recensement et à la biométrie des poissons avant, bien évidemment de remettre leurs prises à l’eau.

Ce jour-là, beaucoup de soles et de gobies, des barbues, des grondins, des sépions, des mulets dorés et même de jeunes sardines. Également des crangons (crevette grise), des crabes de sable et d'autres invertébrés (macropodes, isotée) ainsi que des turbotins et des vives.
Arrêtons-nous un instant sur cette dernière : enfouie dans le sable et parfaitement cachée, seule l’épine dorsale venimeuse est apparente. Un vrai piège pour les baigneurs qui s’aventurent dans l’eau pieds nus. Rappelons que son nom tient justement au fait que sa piqûre est extrêmement douloureuse. Prudence donc lorsque vous décidez de vous baigner : équipez-vous en conséquence de chaussures de plage.

Intrigués et curieux, plusieurs promeneurs, se sont approchés de l’équipe pour en savoir plus sur cette singulière activité. Avec pédagogie, les agents du Parc leur ont fourni les explications demandées.
Ce jour-là, les conditions météo étaient optimales : peu de vent, pas de houle et soleil au rendez-vous. De quoi apprécier la chance de pouvoir travailler dans un
environnement exceptionnel et être sûr de ne pas sentir le renfermé le soir en rentrant du « bureau ».
Concernant la pêche du 16 avril dernier, les agents du Parc ont noté avec satisfaction une diversité et une quantité tout à fait remarquable pour la saison. De bon augure pour l’avenir ?

Association Plaisance Tréboul - Port Rhu Douarnenez